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Les Lyonnais : l’histoire vraie du gang d’Edmond Vidal et les secrets du film d’Olivier Marchal

Les Lyonnais : l’histoire vraie du gang d’Edmond Vidal et les secrets du film d’Olivier Marchal

Sorti en 2011, Le film Les Lyonnais d'Olivier Marchal s'inspire de l'histoire vraie du gang mené par Edmond Vidal, figure du grand banditisme français.

Entre braquages ​​spectaculaires et loyauté sans faille, le film plonge dans une réalité aussi fascinante que violente. Mais derrière la fiction se cache une histoire encore plus marquante.

Retour sur les anecdotes du film, avant de découvrir l'histoire du gang des Lyonnais véritable.

🎥 Les Lyonnais — Le film en bref

  • Réalisateur : Olivier Marchal
  • Année de sortie : 2011
  • Acteurs principaux : Gérard Lanvin, Tchéky Karyo, Daniel Duval
  • Genre : Policier / Drame / Biopic
  • Lieu de l'histoire : Lyon et ses environs (années 60-70)
  • Sujet : L'ascension et la chute du gang des Lyonnais à travers le parcours d'Edmond Vidal

Une avant-première rattrapée par la réalité

Le 21 septembre 2011, lors de l'avant-première du film Les Lyonnais à Lyon, la réalité a rattrapé la fiction. Olivier Marchal avait réuni autour de plusieurs acteurs liés à l'histoire du gang. Parmi eux : Edmond Vidal , ancien chef présomptif du gang des Lyonnais originaire de Décines, mais aussi Gilles Bénichou , figure du milieu lyonnais mis en examen dans le cadre de l'affaire Neyret.

La présence la plus marquante est sans doute celle de Michel Neyret, ancien numéro deux de la PJ lyonnaise. Quelques jours seulement après cette projection très médiatisée, il était inculpé et placé en détention préventive pour corruption, trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs, violation du secret professionnel et détournement de biens.

Cette avant-première, organisée dans la ville même où sévissait le gang entre 1967 et 1977, a donné au film une résonance particulière. Rarement un polar inspiré de faits réels aura autant brouillé la frontière entre cinéma policier et actualité judiciaire.

Les Lyonnais Olivier Marchal

Dans l'univers du film policier français , un nom s'impose : Olivier Marchal . Et la demande vient directement d'Edmond Vidal, considéré comme le cerveau du célèbre gang des Lyonnais. Le réalisateur raconte qu'un jour, il rencontre Roger Knobelspiess, qui lui parle de l'ouvrage écrit par Vidal et lui confie que « Momon » souhaitait qu'un long-métrage inspiré de sa vie soit mis en scène par lui. Intrigué par cette histoire de cinéma français inspirée de faits réels , Marchal dévore le livre en quelques heures avant de rappeler Roger pour organiser une entrevue.

Ce projet s'inscrit dans la tradition du thriller policier , mêlant biographie criminelle , adaptation cinématographique et immersion dans l'histoire du banditisme lyonnais , des éléments particulièrement recherchés par les amateurs de polar français , de films noirs et de culture cinématographique.

Qui est réellement Serge Suttel ?

Le personnage de Suttel, interprété par Tchéky Karyo , n'a en réalité jamais existé. Selon Olivier Marchal , cette figure fictive apporte une dimension dramatique essentielle au récit cinématographique. Le réalisateur explique s'être inspiré de faits et de profils authentiques pour construire son histoire : Serge Suttel représente ainsi une combinaison de plusieurs individus ayant, de près ou de loin, marqué le parcours de «  Momon Vidal ».

Gérard Lanvin et Edmond Vidal : bien plus qu'un simple rôle de gangster

Gérard Lanvin est l'un des rares acteurs français à avoir incarné à plusieurs reprises Edmond Vidal , ancien membre du gang des Lyonnais . Au fil de sa carrière, il a interprété ce personnage inspiré de faits réels à trois reprises, ce qui en fait une curiosité notable dans le cinéma et la télévision français.

Une première incarnation remonte à 1980 dans la mini-série télévisée « La Traque », où Gérard Lanvin joue un rôle directement inspiré d' Edmond Vidal , retraçant l'univers du gang des Lyonnais . Plus de trente ans plus tard, il reprend clairement le rôle dans le film Les Lyonnais (2011), réalisé par Olivier Marchal , une œuvre marquante du cinéma policier français centrée sur l'histoire vraie du célèbre criminel lyonnais. Enfin, il apparaît à nouveau dans la série Tapie (2023), confirmant ce lien unique avec le personnage.

Les Lyonnais Edmond Vidal

Edmond Vidal face à lui-même

Le véritable Edmond Vidal a été convié par Olivier Marchal sur le tournage afin de découvrir les coulisses du film et d'apporter, à l'occasion, son regard sur certaines séquences. Cette visite a été vécue comme rassurante pour l'équipe, en particulier pour Gérard Lanvin , chargé d'incarner Edmond Vidal à l'écran. L'acteur confiait que sa présence apportait une forme de sérénité et qu'il aurait été dommage qu'il attende la sortie du long-métrage pour en juger le résultat. Revivre ces souvenirs semblait essentiel pour lui.

Plutôt les Lyonnais que les Postiches

Avant de se consacrer à l'histoire du  gang des Lyonnais , Olivier Marchal s'était penché quelques années auparavant sur le parcours du gang des Postiches , projet qu'il a finalement abandonné. Cette piste a ensuite été reprise par Ariel Zeitoun avec le film Le Dernier gang , porté à l'écran par Vincent Elbaz dans le rôle principal.

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Et Delon se retire du projet

Après plus d'un passé à travailler sur le scénario, Olivier Marchal avait initialement envisagé Alain Delon pour interpréter  Edmond Vidal . Finalement, le retour à l'écran de l'acteur autrefois associé au personnage de Gitan ne s'est pas concrétisé. Entre contraintes d'agenda et désaccords autour de l'écriture du scénario, Delon a choisi de se retirer, laissant la place à Gérard Lanvin pour endosser le rôle principal.

Absence de Bernard Giraudeau
Initialement pressenti pour apparaître dans ce film de gangsters dans le rôle finalement interprété par Tchéky Karyo, Bernard Giraudeau a dû renoncer afin de préserver sa santé. Acteur majeur du cinéma français, il s'est éteint le 17 juillet 2010 à l'âge de 63 ans, des suites d'un cancer. Le long-métrage Les Lyonnais lui rend ainsi hommage en lui étant dédié.

Le gang des Lyonnais

Le titre du film renvoie directement au célèbre  gang des Lyonnais , actif dans la région de Lyon entre 1967 et 1977. Cette organisation criminelle s'était forgée une réputation particulière en menant ses braquages ​​avec méthode, en privilégié des opérations maîtrisées et sans violence sanglante.

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250 figurants mobilisés

La production a fait appel à environ 250 figurants issus de la communauté gitane pour mettre en scène la séquence d'arrestation tournée dans le camp, apportant ainsi réalisme et ampleur à cette scène clé.

Pour illustrer les séquences liées à l'enfance des protagonistes, Olivier Marchal a choisi une esthétique visuelle aux tonalités légèrement sépia. À l'inverse, le reste du film privilégie une lumière intense et lumineuse, presque éclatante. Ce parti pris visuel traduit sa volonté de s'éloigner de l'atmosphère sombre de ses réalisations précédentes comme il l'a lui- confié avec humour après  MR 73 .

Un rôle dans la lignée de Lino

Durant le tournage, Olivier Marchal n'a pas hésité à rapprocher Gérard Lanvin de Lino Ventura . L'acteur, connu notamment pour Marche à l'ombre , attendait depuis longtemps un personnage fort et charismatique, dans la tradition des figures viriles incarnées autrefois par Ventura. Avec ce film, il donne vie à Edmond Vidal , présenté comme l'une des personnalités marquantes du banditisme français .

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Un projet initialement pensé en deux volets

Au départ, Olivier Marchal et son co-scénariste Edgar Marie envisageaient de concevoir un long-métrage en deux volets, à l'image du biopic consacré à Jacques Mesrine . Ils ont finalement choisi une structure narrative différente, mêlant les périodes temporelles afin que chacune apporte un éclairage complémentaire à l'autre.

Qui était le gang des Lyonnais ? L'histoire complète d'un mythe du grand banditisme

Pour comprendre l'origine du Gang des Lyonnais , figure incontournable du grand banditisme lyonnais dans les années 1970, il faut se pencher sur ses cinq membres fondateurs : Jean Augé , dit « P'tit Jeannot », Joanny Chavel, surnommé « Gros Jeannot », Pierre Pourrat, alias « le Docteur », Nicolas Caclamanos, appelé « Nick le Grec », et surtout  Edmond Vidal , connu sous le nom de « Momon le ferrailleur ».

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C'est en revenant sur le parcours d'Edmond Vidal que l'on comprend mieux la naissance de cette organisation criminelle spécialisée dans les braquages ​​à main armée en France . Dans les années 1950, il grandit dans la banlieue de Lyon, au sein d'une famille modeste issue de la communauté gitane. Son enfance est marquée par la précarité et par des discriminations à l'école, où il subit des insultes liées à ses origines, ce qui le pousse à quitter rapidement le système scolaire.

Après l'expulsion de sa famille et leur installation dans le quartier de Gerland, il commence dès l'âge de 12 ans à récupérer de la ferraille pour aider financièrement les siens. Cette jeunesse difficile, entre pauvreté, exclusion sociale et débrouillardise, façonne la personnalité de celui qui deviendra l'une des figures emblématiques du crime organisé à Lyon et cofondateur du célèbre Gang des Lyonnais.

En 1960, la famille Vidal est de nouvelle contrainte de quitter son logement. Elle est relogée dans une cité d'urgence fondée par l'abbé Pierre à Décines-Charpieu , en banlieue lyonnaise. Dans cette commune populaire, où se mêlent Gitans, Arméniens et immigrés méditerranéens, Edmond Vidal forge les premières amitiés qui marqueront l'histoire du Gang des Lyonnais et du grand banditisme à Lyon .

Dans ses souvenirs, il raconte avoir rapidement formé une bande avec Pierre Zakarian, dit « Pipo », Jean-Pierre Mardirossian et Georges Manoukian, surnommé « Chaïne », futurs acteurs du crime organisé en France . D'origine arménienne, ces derniers les amènent aussi à Décines, et les liens se créent naturellement entre jeunes de quartiers modestes.

Dans les années 1960, le groupe traîne entre cafés et affrontements de rue, participant à des bagarres entre quartiers rivaux. Ils fréquentent notamment l'établissement tenu par Michel Silmetzoglou, appelé « le Grec » (à ne pas confondre avec « Nick le Grec »). Plus âgé, il les soutient parfois financièrement, renforçant l'esprit de solidarité qui soudera cette future équipe du milieu lyonnais.

Avec le temps, Momon, « Pipo » et « Chaîne » tentent de se ranger et d'entrer dans la vie active. Comme beaucoup de jeunes issus des quartiers populaires de la banlieue lyonnaise, ils enchaînent les emplois en usine et les petits boulots manuels, sans réelle stabilité. À 17 ans, Edmond Vidal travaille avec un ferrailleur et parvient même à acheter sa première voiture.

Mais un simple vol va bouleverser son destin. Un matin, après une sortie nocturne, Momon et ses amis dérobent un cageot de cerises devant une épicerie encore fermée. Un témoin relève la plaque d'immatriculation : la police intervient dès le lendemain au domicile familial.

La perquisition est brutale. Vidal est menotté sous les yeux de sa mère, malgré ses supplications. Cette arrestation marque un tournant décisif dans la vie du jeune homme et constitue l'un des premiers pas vers le grand banditisme à Lyon . Ce fait divers, anodin en apparence, s'inscrit comme un élément déclencheur dans le parcours de celui qui deviendra une figure du crime organisé en France et membre fondateur du Gang des Lyonnais .

Jugé pour le vol de cerises, Edmond Vidal ne bénéficie d'aucune indulgence. Son casier judiciaire, déjà marqué par des rixes entre bandes et des condamnations pour violences, pèse lourd dans la décision du tribunal. Le verdict tombe : il est envoyé à la prison Saint-Paul à Lyon, un établissement emblématique du système carcéral lyonnais.

Place au quartier des mineurs, cette incarcération marque un tournant dans son parcours. Il apprend que « Pipo » est détenu de son côté à la prison Saint-Joseph. En entrant derrière les barreaux, Momon découvre l'univers carcéral, un monde dur et codifié qui va profondément l'influencer.

C'est là qu'il rencontre Jean-Pierre Gandebœuf , surnommé « Christo », un jeune détenu déjà aguerri. Les deux garçons sympathisent rapidement. Christo, marqué par une enfance difficile et la délinquance précoce, devient une figure déterminante pour Vidal.

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(Jean-Pierre Gandebœuf)

Cette amitié née en détention jouera un rôle clé dans la suite de son parcours. La prison ne sera pas une fin, mais le point de départ vers le  véritable grand banditisme à Lyon , les futurs braquages ​​à main et l'ascension du Gang des Lyonnais dans l'histoire du crime organisé en France.

Après 48 jours de détention provisoire et un mois de prison ferme, Edmond Vidal retrouve la liberté avec l'intention de se ranger. Mais un ancien sursis pour les violences est révoqué : il retourne rapidement derrière les barreaux. À sa sortie, il revoit « Christo », désormais attiré par les braquages. Celui-ci lui propose d'intégrer son équipe. Malgré ses hésitations, Momon accepte, séduit par l'argent rapide.

Six mois plus tard, il participe à son premier casse dans l'Isère : 20 000 francs à la clé. Après un échec sur un coffre-fort, le groupe change de stratégie et cible les convoyeurs de fonds. Un hold-up leur rapport près de 90 000 francs, une somme considérable à l'époque. L'affaire, relayée dans la presse, ne sera jamais éludée. Le jeune Vidal s'installe alors dans le grand banditisme à Lyon , amorçant son ascension dans le crime organisé en France .

Mais en février 1966, tout bascule au bar « Le Nelson », dans le 6e arrondissement lyonnais. Une altercation dégénère, puis une tentative de représailles tourne au drame : des coups de feu sont tirés et la patronne est grièvement blessée. En cheval à Marseille avec l'aide de « Michel le Grec », les deux hommes tentent d'échapper aux autorités. Christo fréquente même des figures liées au futur « gang de la vallée de la Saône », autre groupe actif dans le milieu lyonnais.

Trahis et arrêtés, Vidal et Christo sont incarcérés à la prison Saint-Paul avant de comparaître devant la cour d'assises de Lyon. Verdict : 5 ans de réclusion criminelle pour Momon, 8 ans pour Christo. Une condamnation qui marque une étape décisive dans l'histoire du futur Gang des Lyonnais .

Durant cette nouvelle incarcération, Edmond Vidal est transféré à Mulhouse. Il jure de se ranger, mais en prison il croise pour la première fois « le Gros », futur pilier du Gang des Lyonnais . Un simple geste — partager son colis de Noël — scelle un premier lien. À sa libération fin 1969, Vidal tente la semi-liberté et travaille comme manœuvre puis apprenti électricien. Mais les salaires dérisoires le découragent. L'appel du grand banditisme à Lyon refait surface.

Le destin le remet face à « le Gros » à Bourg-en-Bresse. Derrière ce surnom se cache Joanny Chavel , dit aussi « Gros Jeannot », ancien d'Algérie devenu chef du « gang de la Vallée de la Saône », spécialisé dans les braquages ​​de postes et banques rurales. Stratège, organisé et à l'aise avec les armes, Chavel travaille sous l'influence du parrain lyonnais Jean Augé , figure majeure du milieu.

Augé, à la croisée du banditisme et de la politique via le SAC gaulliste, finance ses réseaux grâce aux hold-up. Il recrute Chavel et « Nick le Grec », bientôt rejoints par Pierre Pourrat. Lors d'un rendez-vous discret au « Café des Chasseurs », Chavel propose à Vidal d'intégrer l'équipe : en échange de renseignements et de protection, une partie du butin financer la cause.

Séduit par la promesse d'un « gros coup », Momon accepte. Aux côtés de Chavel, Pourrat et plus tard Nicolas Caclamanos, il rejoint le noyau fondateur du Gang des Lyonnais , marquant le véritable départ d'une des équipes les plus redoutées du crime organisé en France .

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Le casse du siècle 

Une nouvelle rencontre est fixée avec « le Gros » dans une auberge discrète en bord de Saône. Ce jour-là, Edmond Vidal découvre deux hommes appelés « Raoul » et « Patrick » — ce dernier étant en réalité Pierre Pourrat , figure montante du milieu. Très vite, Vidal ressent l'assurance et la maîtrise qui se dégagent de Pourrat et de Joanny Chavel , dit « le Gros ». Chavel apporte la discipline et l'expérience militaire acquise en Algérie ; Pourrat, surnommé « le Docteur », incarne la discrétion, la réflexion stratégique et le sang-froid. Deux profils qui vont structurer durablement le futur Gang des Lyonnais .

Le premier coup d'État a mené ensemble la paie d'une entreprise à Pont-d'Ain. L'opération est parfaitement synchronisée : neutralisation des convoyeurs, maîtrise du système de sécurité de la mallette et fuite rapide grâce à un relais voiture volée. Le butin atteint 150 000 francs, une somme considérable pour l'époque. Ce succès renforce la cohésion du groupe et marque une étape clé dans leur ascension au sein du grand banditisme à Lyon .

En 1970, les braquages s'enchaînent. L'équipe perfectionne une méthode quasi militaire : repérages prolongés en tenues neutres (Pourrat ira jusqu'à se déguiser pour passer inaperçu), étude minutieuse des itinéraires secondaires pour éviter barrages et contrôles, multiplication des véhicules relais, utilisation d'armes lourdes pour impressionner sans tirer. Cette organisation rigoureuse fait leur réputation dans le crime organisé en France.

Chavel propose ensuite d'intégrer Nicolas Caclamanos , surnommé « Nick le Grec », proche du parrain lyonnais Jean Augé . Le casse de Mâcon confirme la solidité et la complémentarité de l'équipe.

Puis vient la réunion décisive dans la villa d'Augé. Autour de la table, les figures du milieu écoutant le parrain exposent « la grosse affaire » : la poste de Strasbourg. Entre 20 et 30 millions de francs seraient en jeu, avec un partage clair — moitié pour les exécutants, moitié pour le réseau. Entraînement au tir, préparation méticuleuse, secret absolu : tout est lancé pour ce qui s'annonce comme l'un des braquages les plus ambitieux et spectaculaires de l'histoire du banditisme français.

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Pour préparer « la grosse affaire », le gang s'entraîne au tir dans une forêt près de Bourg-en-Bresse. Mitraillettes, fusils à canon scié, armes de poing : l'arsenal est donc. Le 23 décembre 1970, ils testent leur méthode à Chambéry et dévalisent l'Hôtel des Postes de 2,2 millions de francs — un record à l'époque. Ce coup sert de répétition générale avant Strasbourg.

Les repérages s'intensifient dans la capitale alsacienne. Joanny Chavel veut d'abord monter l'opération à trois avec Pierre Pourrat et Edmond Vidal , mais le plan évolue après concertation avec Jean Augé et Nicolas Caclamanos . Les hommes découvrent un point faible : une porte condamnée donnant sur la rue. Plutôt que de changer la serrure, Chavel modifie un verrou identique pour qu'il s'ouvre avec n'importe quelle clé, sans éveiller les soupçons. Les véhicules relais sont prêts, dont un camion-citerne aménagé pour la fuite.

Le 30 juin 1971, jour de fin de semestre, huit hommes passent à l'action. Déguisés en ouvriers, Vidal, Pourrat, Bernard et Cheveux pénètrent dans l'Hôtel des Postes de Strasbourg au moment précis où les convoyeurs transfèrent les sacs d'argent. En moins de cinq minutes, les maillettes sont récupérées sous la menace des armes. Butin : plus d'un milliard d'anciens francs, soit 11,6 millions de francs — un record national dans l'histoire du grand banditisme en France.

La fuite est tout aussi méthodique : estafette Renault, breaks Citroën relais, puis camion-citerne pour brouiller les pistes, itinéraires secondaires à travers l'Alsace et les Vosges. Lorsque la radio annonce « le plus gros braquage jamais commis en France », le futur Gang des Lyonnais est déjà loin. La presse parlera bientôt du « hold-up du siècle », un coup devenu mythique dans l'histoire du crime organisé français .

Après avoir traversé l'est de la France, le commando arrive à Bourg-en-Bresse vers 21 h. Le butin du braquage de Strasbourg est dissimulé dans un garage en attendant le partage. Comme prévu, la moitié revient à Jean Augé et à son réseau politico-milieu, l'autre est répartie entre les participants. Edmond Vidal vit mal cette règle : céder 50 % à la sphère politique alimente les tensions et marque le début d'une fracture au sein du Gang des Lyonnais , entre ancienne garde et nouvelle génération.

Dans la banlieue lyonnaise, les amis d'enfance de Décines commencent eux aussi à se lancer dans des braquages ​​de moindre envergure. Vidal a envoyé leur volonté de s'associer, mais préfère d'abord parfaire son apprentissage aux côtés de Joanny Chavel et Pierre Pourrat , figures majeures du grand banditisme à Lyon . Son objectif est clair : maîtriser les codes du crime organisés en France avant d'intégrer pleinement ses fidèles compagnons dans l'aventure.

Les copains d'abord

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Après le braquage spectaculaire de Strasbourg, la police est sous pression. Aucun indice sérieux, pas d'empreintes exploitables, seulement un détail intrigant : un emballage glissé dans la serrure pour retarder les poursuites. Pour les enquêteurs, une chose est claire : il s'agit d'une équipe de professionnels du grand banditisme en France .

L'enquête mène au plan d'eau de Plobsheim, où l'estafette utilisée pour le casse est retrouvée abandonnée, équipée de fausses plaques. D'autres véhicules volés sont découverts dans la région : au moins six voitures auraient été utilisées, preuve d'une préparation minutieuse. Malgré des témoignages confus et des portraits-robots peu fiables, la police piétine. Une prime de 100 000 francs est même proposée. Peu à peu, les enquêteurs comprennent que les malfaiteurs sont passés par une porte condamnée de l'Hôtel des Postes.

De leur côté, Edmond Vidal et ses complices profitent du butin. Mais rapidement, les braquages ​​reprennent. Nouvelle cible : le Carrefour de Vénissieux, près de Lyon. Vidalobtenir l'accord de Joanny Chavel pour intégrer ses amis d'enfance, dont « Pipo » et « Christo », aux côtés de Nicolas Caclamanos , dit « Nick le Grec ».

Le 5 février 1972, le hold-up tourne mal. Alerté, le directeur donne l'alarme et des coups de feu éclatent. Les sacs sont récupérés — 1,5 million de francs — mais Chavel est grièvement blessé. Pour la première fois, le Gang des Lyonnais fait couler le sang. Transporté d'urgence et exploité en clinique, « le Gros » échappe de peu au pire.

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Un tournant décisif dans l'histoire du crime organisé à Lyon

Le braquage raté de Vénissieux marque un tournant majeur. Jusqu'alors, les enquêteurs n'avaient pas identifié l'existence d'un véritable gang structuré basé à Lyon. Une information judiciaire pour « vol qualifié » est ouverte sous l'autorité du juge François Renaud , magistrat déterminé qui va jouer un rôle central dans le dossier.

Le 5 avril 1972, grâce à un indicateur, l'enquête s'accélère. Deux surnoms émergents : « Momon le ferrailleur » et « Pipo ». Pour la première fois, Edmond Vidal et Pierre Zakarian sont clairement identifiés par la police judiciaire. Les investigations se concentrent alors sur Décines, berceau du groupe. Filatures, surveillances et récupérations s'intensifient, mais les suspects sont prudents et rompus aux techniques du milieu. Aucun délit flagrant, aucune preuve décisive.

Pendant ce temps, les braquages ​​continuent à un rythme soutenu. En mai 1972, des convoyeurs sont attaqués à Clermont-Ferrand, puis d'autres coups suivent à Lyon. Face à l'impuissance des filatures, les autorités changent de stratégie et mettent en place des écoutes téléphoniques visant plusieurs membres présomptifs du Gang des Lyonnais . Un nouvel informateur venu de Strasbourg mentionne « Patrick » — Pierre Pourrat — et « Jeannot », alias Joanny Chavel . L'étau se resserre progressivement autour de cette équipe du grand banditisme à Lyon .

Dans la nuit du 27 au 28 octobre 1972, Vidal et Pourrat frappent encore plus fort : la recette de la poste de Mulhouse est dévalisée. Mais en colossal : plus d'un milliard d'anciens francs, soit 11,7 millions. Un nouveau record national qui confirme l'audace et la maîtrise du groupe dans le crime organisé en France .

Mais en coulisses, les tensions grandissent. Vidal souhaite s'émanciper de Jean Augé et de l'ancienne génération. Son ambition : ancien sa propre équipe avec ses amis d'enfance et son fidèle Pourrat. Une nouvelle version du gang se dessine alors, plus soudée, plus indépendante — et bientôt encore plus redoutée dans le paysage du banditisme français. 

En 1973, Edmond Vidal et sa nouvelle équipe montent leurs propres opérations, visant de grandes surfaces et salaires d'usine, souvent hors de la région lyonnaise pour brouiller les pistes. Selon Vidal, la cohésion est supérieure à celle de l'ancienne génération : chacun a son rôle — chauffeurs, mécaniciens, spécialistes des armes — et les braquages ​​s'enchaînent avec efficacité. Cette « nouvelle formule » du Gang des Lyonnais gagne en assurance dans le grand banditisme à Lyon .

Mais la rupture avec Joanny Chavel s'aggrave. À Genève, « le Gros » avertit Vidal que la police le surveille, notamment pour Strasbourg. La tension monte, au point que Chavel aurait tenté de s'en prendre à Pierre Pourrat . Vidal estime alors que sa survie est en jeu. Dans leur viseur : Chavel et le parrain Jean Augé .

Le 15 juin 1973, Augé est abattu sur le parking du Sporting-club de Lyon-Plage. Quelques mois plus tard, en octobre, Chavel est à son tour exécuté lors d'une embuscade. Son corps ne sera jamais retrouvé.

les anecdotes lyonnaisesAvec ces éliminations, la nouvelle génération pense avoir levé les menaces et consolidé sa place dans le crime organisé en France . Mais cette escalade de violence attire davantage l’attention des autorités. La question demeure : jusqu'à quand pourront-ils échapper à la justice ?

La chasse au Gang des Lyonnais

Le 16 mai 1973, l'enquête franchit un cap décisif : Pierre Pourrat est identifié à la sortie d'un café parisien en compagnie de Jean-Pierre Gandeboeuf, dit Christo. Pour la première fois, les enquêteurs respectent des noms solides. La PJ intensifie les surveillances autour d' Edmond Vidal et de son entourage, notamment à Décines.

Malgré cette pression, les braquages ​​continuent en 1973 : Tarare, Chazelles-sur-Lyon, Feurs… Les paies d'usine, transportées en liquide et sans escorte, constituant des cibles faciles. Les attaques sont rapides, méthodiques, exécutées en quelques secondes. Le Gang des Lyonnais confirme sa maîtrise du terrain et s'impose comme une référence du grand banditisme à Lyon .

Un informateur évoque ensuite un gros coup près de Grenoble. Les autorités déploient un dispositif exceptionnel : filatures, barrages, policiers en planque pendant des semaines. Mais les gangsters frappent ailleurs, à Nantes puis à Angers, déjouant encore la surveillance. La police semble toujours avoir un train de retard.

Le 20 mars 1974, une instruction pour « association de malfaiteurs » est ouverte sous l'autorité du juge François Renaud . L'« opération Chacal » mobilise des centaines d'hommes sur 18 départements : herses, points d'interception, postes armés. Pourtant, le groupe modifie au dernier moment ses itinéraires et passe entre les mailles du filet.

Finalement, en décembre 1974, la PJ lance une vaste vague d'arrestations. Vidal, ses proches et plusieurs membres clés sont interpellés. Une planque lyonnaise révèle des armes, des faux papiers et des liasses de billets, renforçant le dossier pour crime organisé en France .

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Mais le 3 juillet 1975, coup de tonnerre : le juge Renaud est assassiné. Les soupçons se tournent vers le gang, qui ni toute implication. L'affaire prend alors une dimension nationale et demeure, encore aujourd'hui, l'un des chapitres les plus mystérieux du banditisme français.

C'est dans un climat électrique que les membres du Gang des Lyonnais comparaissent à partir du 20 juin 1977. Le procès s'annonce rétentant. Après des années de braquages ​​spectaculaires et l'assassinat du juge François Renaud , l'affaire dépasse le simple cadre du grand banditisme à Lyon .

La presse nationale et les chaînes de télévision se mobilisent massivement. Chaque audience est scrutée, chaque déclaration analysée. Pour Edmond Vidal et ses coaccusés, l'heure est lieu de répondre devant la justice dans l'un des procès les plus médiatisés du crime organisé en France .

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Conclusion : que retient le gang des Lyonnais ?

À travers le film Les Lyonnais , Olivier Marchal propose une plongée intense dans l'univers du grand banditisme français, en s'appuyant sur le parcours d'Edmond Vidal et de son gang.

Si le film apporte une vision romancée de cette époque, la réalité, elle, se révèle encore plus marquante. Entre braquages ​​d'envergure, organisation millimétrée et tensions internes, le gang des Lyonnais a profondément marqué l'histoire criminelle française.

Au-delà du spectacle, cette histoire rappelle surtout à quel point la frontière entre loyauté et trahison peut être fragile dans le milieu du crime organisé. Une trajectoire fascinante, aussi impressionnante que tragique.

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❓ FAQ sur Les Lyonnais

Le film Les Lyonnais est-il inspiré d'une histoire vraie ?

Oui, le film Les Lyonnais est basé sur l'histoire réelle du gang des Lyonnais et sur le parcours d'Edmond Vidal, figure du grand banditisme français.

Qui était Edmond Vidal ?

Edmond Vidal, surnommé « Momon », est l'un des membres fondateurs du gang des Lyonnais, connu pour ses nombreux braquages ​​dans les années 1970 en France.

Où se déroule l'histoire du film Les Lyonnais ?

L'histoire se déroule principalement à Lyon et dans ses environs, entre les années 1960 et 1970.

Le film Les Lyonnais est-il fidèle à la réalité ?

Le film s'inspire de faits réels, mais certains éléments ont été romancés pour les besoins du récit et de la mise en scène.

Qui joue Edmond Vidal dans le film ?

C'est Gérard Lanvin qui incarne Edmond Vidal dans Les Lyonnais , dans une performance marquante du cinéma policier français.

Pourquoi le gang des Lyonnais est-il célèbre ?

Le gang des Lyonnais est devenu célèbre pour ses braquages ​​spectaculaires, son organisation rigoureuse et le casse de Strasbourg, considéré comme l'un des plus importants de l'histoire du banditisme français.

📸Pour prolonger l'expérience, découvrez aussi mon montage vidéo dédié au film Les Lyonnais sur ma page instagram


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